Emission Radio L'heure des Franks Projet EMI-sphère

L'heure des Frank's - Projet EMI-sphère

Projet mené par les 4ème4 du collège Anne Frank à Illzach avec les professeurs M. Nouxet et M. Amillard.

L'EMI (Education aux Médias et à l'Information) permet aux élèves d'exercer leur citoyenneté dans une société de l'information et de la communication, de former des cybercitoyens actifs, éclairés et responsables pour demain :
- par une pratique citoyenne des médias (une lecture critique et distancée de leurs contenus et une initiation aux langages et aux formes médiatiques afin de pouvoir s'informer suffisamment, de s'exprimer librement et de produire soi-même de l'information)
- par le développement des compétences de recherche, de sélection et d'interprétation de l'information ainsi que d'évaluation des ressources et du contenu.
- par une compréhension des médias, des réseaux et des phénomènes informationnels dans toutes leurs dimensions : économique, sociétale, technique, éthique...

L'heure des Frank's - Emission de Décembre


Eh oh les petits frères et les petites sœurs, on vous aime bien, mais sérieux, arrêtez un peu avec vos questions. Vous n’en avez pas marre : pourquoi ci, pourquoi ça ? Franchement, vous nous prenez pour quoi au juste ? Pour des professeurs ? Pour une encyclopédie, ou quoi ? Franchement, quand tu me demandes pourquoi le ciel est bleu ? Pourquoi il pleut ? Pourquoi maman pleure quand elle épluche les oignons ? Pourquoi les poules ne volent pas alors qu’elles ont des ailes ? Que veux-tu que je te réponde ? Va à l’école et laisse-moi tranquille ! Et toi, pourquoi n’apprends-tu pas à te taire ? Hein ! Pourquoi ?

Marwane

Sciences

Les nombres relatifs par Kenza

Les nombres relatifs sont des nombres traditionnels devant lesquels on ajoute un signe plus ou un signe moins. Par exemple, on peut parler de nombres relatifs quand on lit la température sur un thermomètre : si le mercure est en-dessous de 0, alors les températures seront négatives, et elles seront notées mathématiquement, - 1, - 2, - 3 etc. Mais on peut retrouver des nombres relatifs également en histoire, quand on construit une frise chronologique. Le point 0 correspond généralement à la naissance de Jésus Christ, les dates antérieures à la naissance de JC seront notées -230 alors que les dates postérieures seront notées avec un signe +.
Comme tout chiffre, on peut les additionner, les soustraire, les multiplier et aussi les diviser. Mais chacune de ces opérations obéit à des règles précises, qui se compliquent à partir du moment où on emploie un nombre négatif. Commençons avec des exemples faciles en matière d’addition : 5 + 9 = 14 mais 5 – 9 = 4. Poursuivons avec les soustractions : (-12) + 9 = 3 car on soustrait le plus petit nombre au plus grand dont on conserve le signe. Le résultat sera le même si on pose l’opération suivante (-12) - (-9) car soustraire un nombre relatif négatif revient à ajouter son opposé, autrement dit le nombre positif.
Si vous avez compris les soustractions, vous comprendrez facilement les multiplications, puisque d’un côté on multiplie les nombres et d’un autre côté on doit être attentif aux signes : plus (+) multiplié (x) par plus (+) égale (=) plus (+), + x – (moins) = - et, faites attention, - x - = +. Voyons si vous avez compris, je vous mets au défi de résoudre les deux opérations suivantes : Combien font (- 3) x 4 ? Et (-3) x (- 5) ?

A l’origine de la pile par Fatih

Je vais vous parler d’un physicien italien appelé Alessandro Volta. Il est l’inventeur, en 1799, de la pire électrique. Mais vous ne devinerez jamais comment il a fait pour en arriver ! C’est tout une histoire. Je vous explique. Alors voilà : avant d’inventer la pile, Volta a fait des expériences sur des cuisses de grenouilles. Et il a remarqué que dès qu’on touchait le nerf avec des baguettes d’acier, la cuisse bougeait. A la même époque, Galvani, un autre savant italien, pensait que le corps des animaux contenait de l’électricité et que cela faisait bouger leur muscle. C’est ce qu’il a appelé « l’électricité animale ». Mais Volta a eu l’idée de regarder au-delà de la grenouille, c’est-à-dire sur la plaque de métal sur laquelle la grenouille était posée, et il en a déduit que l’électricité passait entre deux métaux que la cuisse de la grenouille réagissait par électrocution. Dès lors, Volta a inventé la pile voltaïque par empilement de petits disques de cuivre et de zinc qui permettent la conduite de l’électricité. Ingénieux, non ?

Carte blanche par Adel

Moi, je ne suis là d’un thème qui nous concerne tous : des jeux, du gaming, du e-sport, et vous vous doutez de quoi je veux parler plus particulièrement, de Fortnite. Si l’origine du nom de ce jeu vidéo est obscure, son usage a connu une renommée planétaire, notamment depuis que le jeu est devenu une battle royale où le but de tuer tous ses ennemis afin de devenir le dernier survivant.
Nous devons ce petit bijou à Epic Games, l’entreprise qui le lança le 27 juillet 2017. Aussitôt des Youtubeurs en firent la promotion, et sa popularité devint virale. Aujourd’hui, ce sont des dizaines de milliers de jeunes qui sont scotchés, jours et nuits, devant leurs écrans, au point d’en devenir vraiment addicts, drogués. L’appât du gain n’est pas à négliger puisque Fortnite propose des jeux d’argent, qui dans certains cas, parmi les tragiques, peuvent conduire au suicide ! Alors les gars, pas de bêtises…

Enfants d’ici et d’ailleurs par Seta

Je vais vous présenter Hasan, un jeune garçon de 4ème de ma classe. Hasan est né en France, plus particulièrement à Mulhouse mais par les survêtements qu’il porte et le drapeau qu’ils arborent (un croissant de lune blanc et une étoile à 5 branches blanche sur un fond rouge), on devine qu’Hasan a des origines turques. C’est d’ailleurs en Turquie qu’il passe la plupart de ses vacances d’été. Il prend l’avion à Bâle et atterrit à Antalya avant de rejoindre l’arrière-pays, le bled, où se trouvent ses cousins et le reste de sa famille. Mais Hasan aime la Turquie surtout pour le climat, car il peut aller à la plage pour se reposer de son année scolaire. Mais Hasan pourrait également visiter les merveilles de la Turquie, à commencer par sa capitale Ankara, et non Istanbul comme on le croirait à tort. Il pourrait également visiter les vestiges romains d’Ephèse, traverser les paysages de steppe semi-aride de Cappadoce avec ses cheminées de fée et ses monastères rupestres aux fresques colorées ou encore se rendre à Pamukkale, un site étonnant où la pierre ressemble à des cascades d’eau gelée. Mais Hasan a encore le temps de découvrir les merveilles de son pays d’origine…

La vie est un roman par M. Nouxet

Le rideau se lève et une lumière crue projette les spectateurs de l’espace 110 dans un Lavomatic : des draps, qui ont retrouvé leur virginité après un énième cycle lavage – rinçage – essorage – séchage – composent le fond de scène alors que des tonneaux métalliques symbolisent sur le plateau les machines, leur hublot et leur tambour. Quelques accessoires agrémentent encore ici ou là la scène : des chaises, une armoire et un personnage, Amandana, qui, durant une heure et demie, s’engagera dans un monologue, plein de rebondissements, pour ne jamais ennuyer le public. Tel est le décor de la pièce Bouche Cousue de Marion-Muller Collard, mise en scène par Sandrine Pirès, avec Juliette Steiner de la compagnie Le Gourbi Bleu dans le rôle du personnage principal.
Or quel est le meilleur lieu qu’une blanchisserie pour laver son linge sale en famille ? Car Bouche Cousue est une de ces histoires de familles, une histoire de secrets et d’incompréhensions, une histoire de désirs et de confusions, une histoire de dénonciation et de désapprobation, une histoire de confidences et de défiances, une histoire d’identité et de différence.
Tout commence par le récit d’une scène dominicale autour d’un repas traditionnel, mais contrairement aux autres dimanches marqués par une allégresse générale, la bonne humeur n’est pas au rendez-vous. En effet, l’ambiance de ce dimanche-là est plombée : Tom, 15 ans, vient de recevoir une gifle du père d’Amandana pour quelques mots que sa sœur, en langue de vipère perfide, a énoncé : « Aujourd’hui, Tom a embrassé un garçon ». Devant la réaction inattendue de son oncle, Tom a prétendu que c’était pour jouer mais en entendant la main de son père claquer sur la joue de son neveu, Amandana s’est replongée 15 ans en arrière quand elle reçut elle-même une gifle pour un motif similaire. Commence alors le récit d’Amandana, fait de flash-back, de bribes de souvenirs autour de son quinzième anniversaire, époque où elle n’était encore qu’une jeune fille discrète, introvertie, que d’aucuns diraient coincée. Isolée, elle n’a de famille qu’en apparence (une mère indifférente, un père psycho-rigide et une sœur qui cache sa grossesse derrière des airs de petite fille modèle) et d’amis que dans l’immeuble où elle livre le linge qu’elle reçoit à la blanchisserie familiale : un duo d’hommes, Marc et Jérôme, qui vivent en concubinage et la valorisent, en lui faisant découvrir la vie, la fête et le sens de la dérision. A eux, Amandana leur parle de Marie-Line, une camarade du lycée, qu’elle admire pour sa prestance, sa popularité, et ses bonnes notes, une amie qui jouera avec elle, dans la pièce Didon et Enée, adaptée de l’opéra de Purcell, à l’occasion d’un projet pédagogique. Didon est une femme et sera interprétée par Amandana et pour jouer le rôle de son époux Enée, c’est Marie-Line que les professeurs ont choisie. Pourquoi opérer un tel choix ?
Et pourquoi pas ? Après tout, d’après l’histoire du théâtre, il est assez commun, depuis la civilisation antique grecque jusqu’à nos jours en Orient, avec les kabukis japonais ou les opéras chinois, que les rôles de femmes soient systématiquement interprétés par des jeunes hommes qui se travestissaient pour se parer d’atours féminins. Aussi pourquoi, dans notre société (je vous rappelle que cette histoire se passe au XXème siècle) où les femmes sont davantage sur le devant de la scène, ces mêmes femmes ne pourraient-elles pas interpréter des rôles masculins ? Ce fut d’ailleurs une voie ouverte par Shakespeare en Angleterre dans Le Marchand de Venise quand Portia et sa servante s’habillent en hommes pour plaider à la cour la cause du marchand de Venise. Ce procédé scénographique a d’ailleurs été repris par la suite dans les pièces La nuit des Rois ou Comme il vous plaira du même dramaturge, procédé dépourvu de toute équivoque d’homosexualité puisque le rôle interprété par le comédien ne saurait se confondre avec la vie même de ce comédien. C’est tout l’enjeu du théâtre qui est un spectacle de l’illusion, qui cherche à faire du vrai, du vraisemblable, avec du faux.
Dans la pièce jouée par les lycéennes, Didon et Enée sont amoureux : Didon déclare son amour impossible alors qu’Enée assure n’avoir d’autre destin que Didon… Or, à cet âge, où la vie est un théâtre et l’illusion une réalité, Amandana se sent Didon plus que jamais ; alors le samedi après-midi, elle répète ses répliques en pensant à Marie-Line. Naît alors « ce monstre qui lui mort le ventre », le désir : le désir de lui être agréable, le désir d’être son amie, le désir de lui plaire. Aussi, peu avant la représentation, Amandana lui offre-t-elle un bracelet… un bijou pour, dit-elle, la remercier des heures passées en répétition, un bijou que Marie-Line saisit sans en comprendre la réelle portée a priori… Puis vient la répétition finale, où les deux filles doivent simuler le baiser final de la pièce… un baiser qui désarma Amandana par les quolibets qu’elle reçut de ses camarades et par la gifle qui marqua son esprit à vie. Cet épisode de vie, qu’elle vient de nous raconter, est consigné dans une lettre qu’elle adressera à Tom pour se dédouaner de ne pas l’avoir défendu. Car même dans un Lavomatic, il difficile de laver son amour à la machine, et on ne peut ravoir à l’eau de Javel des sentiments ni la blancheur qu’on croyait éternelle, avant.

A l’école des arts

L’encre de chine par Xavier
Je vous propose ce mois-ci un petit voyage en Orient, aux confins du Pacifique, afin de vous parler d’un liquide noir que nous utilisons parfois en Arts Plastiques. De l’encre de Chine. Nous, on la connaît tous sous forme liquide. Mais saviez-vous qu’elle se vend aussi en bâtons ? Oui, oui, des bâtons d’encre ! En fait, il ressemble à une craie, ou tout du moins en a et la forme et la taille. Par contre, ce bâton n’est pas à utiliser comme une craie ni comme un fusain, puisqu’on n’écrit pas avec. Au contraire, il faut plonger l’extrémité de ce bâton, dans un petit bol rempli d’eau, et attendre une quinzaine de minutes que l’eau érode le bâton et donne une coloration à l’eau sous la forme d’encre. Cette technique est particulièrement prisée en Extrême-Orient, et l’encre est d’ailleurs utilisée au quotidien dans la calligraphie ou dans des dessins comme dans les estampes.